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"Le blogueur bouffe: ce faux journaliste qui mange grétisse"

** Prenez note que les opinions suivantes n’engagent que moi. Aucune des entreprises avec qui j’ai pu faire affaire ou avec qui je travaille n’est liée à quoi que ce soit de ce texte.**

J’aurais préféré vous écrire cet article dans un tout nouvel espace mais il n’est pas encore prêt. J’y vois ici un signe. Un signe de changement. Une explication, un texte presque nécessaire et ultime avant d’entreprendre le changement de look, le déménagement, le branding et tout ce qui vient avec le nouveau BreakfastBlog « new and improved » pour célébrer trois années de service. 


Je publierai donc le tout ici. 


« De quoi tu parles? » -> Des drames inutiles qui sévissent dans « le milieu » et de l’être blogueur bouffe, bibitte bizarre, que je suis (nous sommes, vous êtes, ils sont). « Pourquoi? » Car beaucoup trop de vives réactions, d’accusations (souvent fausses), d’interprétation et de besoin d’intégrité me poussent à le faire. 


Il est 2h06 du matin. Une gorge en feu (sacrée début de rhume je crois), un pointe de fièvre, une fatigue envahissante et une tête beaucoup trop remplie se confie à vous. Je suis rentrée, vers les minuit et demi, d’un superbe souper avec une amie et collègue blogueuse. Souper qui a eu lieu dans un resto presque « tabou » tant il a fait parlé de lui en mal… mais aussi en bien. Tant par la gestion de son marketing et de ses relations publiques que par sa carte et son menu « pricey ». – Non, je ne vous donnerai rien en mille. Soyez un peu brillant, pensez, fouillez, vous trouverez. Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous donner tout cuit dans le bec?! – Je suis arrivée, j’ai respiré un bon coup et me suis lancée dans mon épisode manqué d’Occupation Double et dans un épisode tardif de Maury. Rien de mieux qu’1h30 de ce type de télé pour offrir des vacances à ton cerveau et te rendre compte que finalement, dans la vie, t’as quand même « pas pire réussi ».

Et là, j’ai envie de vous parler. De vous dire ce que je pense, de ce que c’est que de blogger sur la bouffe et tous les (faux) drames qui peuvent s’y lier.


Mettons quelques points au clair. 


Voyez-vous, je blogue. Je n’ai PAS étudié en journalisme. Mon background à moi c’est la rédaction, certes, mais pas le « journalisme ». Je ne suis pas payée par un média quelconque afin de critiquer un service reçu ou une assiette dégustée et vous en rapporter mon opinion, qu’elle soit bonne ou pas. Je ne suis pas payée pour le faire, c’est là que c’est important. Je suis une blogueuse. Professionnelle ou amateure? On ne va pas s’étendre là-dessus, on ne finira plus. Mais je blogue avec plaisir, de façon indépendante, sans aucune attache à aucune marque. J’essaie des trucs et je décide si j’écris là-dessus ou pas. Je n’ai AUCUNEMENT le devoir ou même le besoin de tout vous dire ce que je découvre ou ce que j’expérimente. Je décide de ce que je fais. Certains journalistes n’ont pas toujours ce luxe. J’ai bien dis CERTAINS, et PAS TOUJOURS. 


Plusieurs journalistes ou critiques nous reprochent presque notre existence, nous, les « blogueurs bouffe ». On leur « pique » une certaine partie de leur boulot car les entreprises en PR se disent « avec un blogueur je lui offre telle ou telle chose ou je l’invite ici et là et j’aurai de la pub ». Ou encore, on nous accuse de discréditer leur boulot justement car eux sont des critiques culinaires officielles. 


Je crois que l’on oublie plusieurs choses ici et qu’on appuie sur le bouton de l’accusation pas mal trop rapidement. 


Je ne sais pas pour les autres, mais en ce qui me concerne, et je crois que c’est ainsi pour plusieurs de mes collègues blogueurs (je l’espère!), je ne fais pas de critiques personnelles de restos et/ou d’événements qui 1-ne m’ont pas plu (pour différentes raisons) ou 2-suite à une expérience très restreinte. Pour le reste, je me fie BEAUCOUP sur le gros bon sens du lecteur. Peut-être suis-je naïve mais je crois que vous êtes à même de comprendre une chose primordiale: vous faire votre propre idée. 


Il nous arrive souvent de nous faire inviter dans divers événements. Que ce soit un nouveau resto, un lancement de livre, un événement mondain de type « ouverture », la découverte d’un produit, d’un menu ou d’un nouvel événement bouffe. Je vous assure QU’AUCUN blogueur n’est obligé de parler de quoi que ce soit suite à une invitation. Si une entreprise exige ou même s’attend à cela, elle n’a absolument rien compris de ce qu’est du bon marketing ou du PR. Vous savez, nous les blogueurs même si des fois on mange grétisse, on a des comptes à payer, et un toit, chaque mois. On ne paye pas un blogueur NI UN JOURNALISTE en free food ou en passes quelconques. Sinon, payez et vous aurez un contenu plus exclusif. Il m’est arrivé plus d’une fois de me présenter à des lancements et à des événements et de décider pertinemment de ne pas en parler. Je contacte la compagnie et leur explique objectivement pourquoi je n’en parlerai pas: mauvais service, mauvaise nourriture, clientèle et ambiance absente, etc. Je ne suis pas dans le DEVOIR de rapporter que quelque chose n’allait pas. Mais s’agit de l’expliquer correctement. 


Et pourquoi notre opinion de blogueur discréditerait celle d’un critique culinaire? Ceux-ci vont toujours avoir leur place, ils étaient là biiiiieeeeeen avant nous, et on les aime, autant que vous. On les aime ou on aime les détester. Mais ils ne laissent personne indifférent. Ils ont leurs opinions et la font connaître très clairement dans leurs différents articles. Mais ceux-ci (les journalistes/critiques), de même que certains monsieurs et madames tout le monde, semblent oublier quelque chose: TOUS LES GOÛTS SONT DANS LA NATURE. Une telle a peut-être détesté son repas à X-Y-Z endroit mais moi je l’ai adoré. En quoi mon opinion est-elle moins importante? De par la nature de l’expérience du journaliste et du critique OUI, JE LE CONÇOIS. Mais là je parle au niveau pur et dur de l’expérience et du repas en tant que tel. C’est sûr que si tu as de hauts standards et de fortes attentes, tu risques de moins plaire à ti-joe le voisin alors que ti-joe le voisin lui apprécie manger dans un shack tout croche avec une équipe poisseuse, et ainsi de suite, vice et versa. Mais il se peut TRÈS BIEN que le risotto que toi tu trouvais très bon soit une abomination aux yeux et au palais de quelqu’un d’autre, et ça, on ne peut pas le juger. ON NE PEUT QUE LE SUGGÉRER. À CHACUN ET CHACUNE DE SE FAIRE SA PROPRE IDÉE. 


Maintenant, je me choque un peu.


Non mais est-il aussi juste possible, très simplement, que le repas qui m’est offert et l’expérience vécue me convienne? Hein, ça se peut-tu?! Que ça s’adonne que j’aime ça ce qui se trouve sur ma fourchette, que je l’aime toujours une fois rendue sur ma langue et que je l’aime encore plus après avoir discuté longuement avec le serveur ou les membres d’une équipe passionnée en restauration? Non mais c’est-tu possible ça, MÊME SI ÇA VIENT D’UNE INVITATION MÉDIA? Tsé, un hasard là. Ou juste une opinion personnelle. Allô? Jugement propre à chacun? J’ai-tu le droit? 


Est-ce qu’invitation doit AUTOMATIQUEMENT signifier que c’est le démon? 


À ceux qui s’enflamment dans leurs réponses à ceci je dis: hey, chill. Respire. C’est juste de la bouffe. 


De la bouffe qu’on aime, des chefs qu’on encourage, des entreprises que l’on recommande ou avertit d’éviter certes. Ce n’est pas la 3e guerre mondiale in the making.


Et si un blogueur osait donner une critique d’un resto à la suite de son ouverture, ouverture à laquelle on ne pouvait que manger 3 croûtons de tartare, 2 huîtres et 7 verres de vin, je lui dirai haut et fort à quel point il n’est pas professionnel et je vous recommanderais fortement de ne pas le suivre. C’est un peu comme juger un film et le recommander suite à l’écoute de sa bande-annonce uniquement. WÉYONS! Tsé?!


Quand on se fait inviter dans des événements lancements où il n’y a pas moyen de découvrir un menu pleinement, ce n’est PAS pour en faire une critique. C’est pour aller le découvrir, se donner le goût d’y revenir, JUSTEMENT. Une sorte de « hey, ça existe ici, maintenant tu en fais ce que tu veux ».


Et dites-vous que même les repas que je paie de ma poche ne sont pas un gage de publication. Dans mon cas, payer n’égale PAS le droit de chialer. Je suis du type enthousiaste, que voulez-vous. 


Et travailler dans ce milieu? Travailler avec des entreprises que j’admire? C’est mon gagne-pain. Mon comment-je-m’arrange-pour-payer-mon-loyer-et-mes-comptes-à-chaque-mois. Ça n’a RIEN à voir avec mon blogue, mes activités s’y reliant et certains événements auxquels j’assiste. 


« C’est un conflit d’intérêt! »


CERTAINEMENT PAS. J’aimais ces entreprises et ces compagnies bien avant d’y travailler et même pour certaines, de bloguer. Je me détache de tout ça. Je n’en parle pas. Je ne le mousse pas outre-mesure. Mais si j’aime quelque chose et que j’y crois, C’EST SÛR que je vais être fière et désirer en parler. 


La jeune fille qui est allée au Sephora toute sa vie, en rêvait et obtient maintenant la chance d’y travailler… bin c’est sûr qu’elle va te dire que c’est le meilleur endroit. 


Le jeune homme qui a toujours trippé sur tel resto et en a soudainement la possibilité de devenir chef, il va accepter. Et il va toujours te dire que c’est son resto le plus hot. C’est normal. 


On aime un endroit, on en parle. On est fier d’un endroit, on en parle. Faudrait que je parle de vernis à ongle et de rideaux de douche sur cet espace et dans les autres médias pour tout à coup avoir le droit de travailler dans ce milieu qui me passionne, celui des restos? Je m’excuse mais non. Soyez un peu plus ouvert. Ou si vous le préfèrez, soyez un peu moins parano de penser que toute votre vie se trouve dans une campagne de pub permanente. Calmos, calmos les amis!


Et on va se le dire, certaines entitées médiatiques prennent un malin plaisir à nous détruire, lentement. Et quand on leur demande « pourquoi faites-vous ça? Ça vous amuse? » on obtient comme réponse: « on a le droit de savoir, et c’est offert par une cie ce n’est donc pas clean et transparent ».


On a le droit de savoir? …toi t’as écouté trop de X-Files dans ta vie. Encore une fois, chill l’ami. C’pas une campgne de dénonciation de fraude gouvernementale. C’est juste un blogue de bouffe. 


« Oui mais on a le droit de savoir et de s’attendre à de la transparence bon ». 


As-tu peur que « Marketo » le méchant monstre du marketing vienne t’emporter avec lui vers la contrée lointaine des vendus? Laisse-moi insérer une couple de 26e lettre de l’alphabet juste ici: zzzzzzzzzzzzzzz. J’ai des petites nouvelles pour toi: tu es et seras toujours entouré de publicité, de marketing et de PR et tu ne t’en sortiras jamais. Alors ou bien tu te calmes et nous laisses faire de notre mieux, ou bien tu continues à montrer des dents, soupirer et dire ceci et cela de nous mais tu ne nous casseras jamais, car ce qu’on fait on le fait bien. Et du mieux qu’on le peut. 


Du moins, pour moi. 


Vous avez TOUT À FAIT LE DROIT de lire, vous inspirer, croire qui vous voulez. Que ce soit un journaliste critique ou un blogueur. Mais en bout de ligne, ce qui compte, c’est vous.


SOYEZ LE PROPRE JUGE DE VOTRE EXPÉRIENCE. 


On vit des expériences, qu’elles nous parviennent par des invitations ou par « consommation personnelle ». Et on les partage, avec vous. C’est MON expérience, partagée avec VOUS. Je juge certaines choses mais en bout de ligne VOUS seuls décidez de ce qui est bon ou pas. Mon jugement c’est mes écrits, de fille passionnée, PAS de journaliste critique. Votre jugement à vous il vous appartient. 


Et entre vous et moi, quelqu’un qui s’acharne à nous taper sur la tomate pour nous trouver des bibittes, c’est qu’il nous accorde de l’importance. MERCI. 


Tsé, si t’aimes pas quelque chose, tu ne le manges pas, tu n’en parles pas, tu ne passes pas le mot autour, etc. Si tu le fais, tu me « donnes » du buzz. Parlez-en en bien, parlez-en en mal mais parlez-en? Merci l’grand. Tu me rends service. (Mais évidemment que tu vas nier le tout, que tu vas me sortir une toute autre excuse, que tu es donc pro et pas moi, que « on a donc droit de tout savoir » -yo, retourne à tes X-Files j’te dis!- et que TOI tu es une source sûre. Oui, je sais… Tous les escrocs de la Commission Charbonneau étaient supposés l’être aussi tsé.


Moi j’suis une enthousiaste qui fait ce qu’elle aime, qui le fait avec passion et qui partage le tout avec un lectorat pas mal cool composé de toutes sortes de gens. Je ne suis PAS une vendue qui accepte n’importe quoi juste « parce que ». Les blogueurs bouffe font ça pour manger grétisse? Oui oui, évidemment. Et l’employé de La Ronde y travaille que pour embarquer dans les manèges grétisse lui aussi. 


Toujours pas d’accord avec tout ceci? Pitchez-moi des tomates, pas de problème. Je vais les accepter avec humilité. MAIS, svp! …encouragez au moins les producteurs d’ici, utilisez des tomates d’ici, tsé!

signature jasmine small

 

 

 


ps: désolé pour les fautes et peut-être quelques phrases maladroites. J’ai écrit le tout avec enthousiasme (ding ding! le mot du jour) et avec un élan de passion. De plus, il est rendu bin tard. Les lettres dansent devant mes yeux mais au moins ce qui est dit est dit!

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Un Commentaire


  1. sylvieisabelle.com

    22 octobre 2013 at 19 h 29 min

    Cette phrase résume tout selon moi: SOYEZ LE PROPRE JUGE DE VOTRE EXPÉRIENCE.

    Effectivement, ce n’est pas parce qu’on écrit quelque chose sur le web (ou ailleurs) que ça doit nécessairement devenir l’opinion de tout le monde et que ça doit devenir LA référence.

    Chacun est libre de ses goûts – moi, je crois qu’on gagne à « connaître » les blogueurs bouffe qu’on suit, à s’en servir comme barème et à savoir comment leurs goûts se comparent aux nôtres. Et c’est ce que je fais avec les critiques bouffe aussi. Et les critiques de théâtre, et tous les critiques en fait.

    C’est un coup de gueule intéressant… et je te prédis un boom d’achalandage sur ton blog! 🙂

    Reply

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